EMINI · LA MANNE · LE DIEU QUI PARLE · 4 MIN DE LECTURE
13 octobre
Une faim d’entendre
Amos annonce un jugement étrange : non pas seulement le manque de nourriture, mais le manque de parole de l’Éternel.
Une famine peut concerner autre chose que le pain. Amos utilise une image terrible. Un manque. Une recherche. Des personnes qui parcourent des distances, qui cherchent, mais ne trouvent pas. Et ce qui manque est la parole de l’Éternel. Il faut lire cette image dans son contexte.
Amos n’écrit pas une méditation romantique sur une génération qui aurait soudain très faim de Bible. Il annonce un jugement. Le peuple a résisté. L’injustice est dénoncée. Le culte continue parfois alors que la justice est piétinée. Puis vient cette parole :
un temps arrive où ce que le peuple a méprisé deviendra introuvable. Voilà pourquoi le passage est beaucoup plus grave qu’un simple : « il faut aimer lire la Bible ». Il montre qu’une parole disponible est elle-même une grâce.
Nous prenons facilement l’accès pour acquis. Une Bible sur le téléphone. Plusieurs traductions. Des prédications. Des commentaires. Des ressources. Et pourtant, la disponibilité extérieure ne garantit pas l’écoute intérieure. Amos nous oblige à poser une question plus profonde :
que faisons-nous de la parole lorsqu’elle est là ?
Car il peut venir un moment où l’absence révèle la valeur de ce qui a été méprisé. Mais nous devons aussi éviter de dire : « si tu n’entends plus Dieu, c’est forcément parce qu’il te juge comme Israël dans Amos 8 ».
Ce serait une application abusive. Amos parle à un peuple précis, dans une situation précise, avec un message prophétique précis. Toutes les saisons de silence ne sont pas Amos 8. Nous l’avons déjà vu au jour 6. La parole peut être rare sans que nous ayons le droit d’inventer une cause.
Alors pourquoi garder Amos dans notre mois ? Parce qu’il nous rappelle que la voix de Dieu n’est pas un bien de consommation. Elle ne nous appartient pas. Nous ne la commandons pas. Et lorsque Dieu parle, sa parole mérite d’être reçue.
Puis le Nouveau Testament nous conduit plus loin. La faim ultime de l’homme ne trouve pas seulement sa réponse dans davantage d’informations. Elle trouve son centre en Jésus-Christ de Nazareth. Le Fils est le Pain de vie. Le Fils est la Parole faite chair.
Dieu ne nous donne donc pas seulement des mots. Il se donne lui-même en Christ. Voilà pourquoi mépriser la parole est si grave. Elle conduit vers quelqu’un.
Seigneur, je prends facilement l’accès à ta parole comme quelque chose qui m’est dû.
Amos me rappelle qu’une parole donnée est une grâce, pas un produit que je commande.
Saint-Esprit, donne-moi de recevoir les Écritures avec faim et de laisser cette faim me conduire vers Jésus-Christ de Nazareth.
Au nom de Jésus-Christ de Nazareth. Amen.
La parole de Dieu n’est pas un bien de consommation. Lorsqu’elle est donnée, elle est une grâce à recevoir.
Amos 8:4-14 · Deutéronome 8:2-3 · Jean 6:32-35 · Jean 1:14
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